Véronique Agostini vit et travaille en Languedoc-Roussillon (France).
L'autodidacte qu'elle est, invente des techniques pour créer une esthétique du papier qui lui est propre.
Capturer l'éphémère
C'est dans la contemplation des paysages, des lieux, des saisons que je comprends toute la beauté éphémère de la nature et l'impermanence de toutes choses.
Cette esthétique du temps, de son devenir me fascine.
Pour capturer l'essence de cette nature éphémère je choisis un matériau qui émane d'elle, le papier.
Ce n'est pas une matière vouée, comme le bronze, l'or ou le marbre, à la fabrication des objets du patrimoine.
Cependant de ce fait même, le papier prend une place éminente dans les sociétés asiatiques qui ne privilégient pas seulement ce qui dure, dans leurs rapports au passé, mais aussi l'éphémère et le fragile, comme symbole de l'existence humaine.
Délicatement le papier m'ouvre au monde.
Voilà huit ans que nous cheminons ensemble, j'ai franchi grâce à lui le pont tendu entre le plan et le volume.
J'ai commencé avec des papiers industriels, de la récupération, puis je fais la rencontre du lokta-papier qui est fabriqué artisanalement au Népal et depuis il fait partie intégrante de mes recherches et de mes aventures.
Sa délicatesse n'est qu'apparence, ses fibres désordonnées et sa translucidité parfois, lui donnent une fragilité qui n'en est rien. C'est cette ambivalence qui me touche quand je travaille le papier.
Le papier devient mon terrain de jeu.
De ce fait je me tourne vers l'orient, berceau du papier.
Je découvre avec stupéfaction que depuis plusieurs années je suis sur mon chemin de vie.
Je fais, sans m'en douter, du kirigami (papier découpé), du hariko (papier maché), de l'origami (papier plié) du suminagashi (encres flottantes).